Zizi ou minette ?

Avant même que je sois enceinte on s’était dit qu’on ne voulait pas savoir et qu’on aimerait découvrir le sexe à la naissance.
Dans une société où l’on a l’habitude de tout contrôler, tout savoir avant tout le monde, on s’est positionné en figures de “résistance” en quelque sorte. Blague à part. J’aurai aimé tomber enceinte comme ça… ressentir les premiers symptômes et me dire “ça se trouve je suis enceinte”, faire le test un matin avec la grosse surprise, devoir l’annoncer à ton partenaire… Mais force est de constater que tomber enceinte “comme ça” par magie quand tu es lesbienne c’est comme dirait l’autre, totalement impossible (ou t’as merdé quelque part). C’est pourtant pas faute d’avoir essayé avec chérie ^^’
Bref, sans compter également que dans notre cas, dans un parcours PMA tout est calculé, contrôlé, qu’on sait tout à l’avance : la date exacte de conception, même la date de la première prise de sang est fixée à l’avance… Même si quand tu fais la découverte du +, la joie est forcément là, l’effet charmant de la “surprise” est lui aux abonnés absents ; du coup c’est assez naturellement que j’ai aimé cette idée de garder une part de magie dans tout ça, cette part de mystère. Et c’est notre choix.

Bref, c’était acté depuis longtemps : je suis maintenant au 5ème mois et même si on s’amuse sur les pronostics (forme du ventre, calendrier chinois, etc.), qu’on essaie de tricher sur les échos avec mignonerie (c’est totalemnt illisibles c’est truc là de toute façon) nous ne savons pas et nous nous y tenons.
Par contre, il y a un truc qu’on avait pas du tout prévu, ce sont les réactions auxquelles on a dû faire face.
Je comprends toujours pas ce que cela peut bien foutre aux gens de savoir si ça sera un garçon ou fille ? C’est histoire de pouvoir nous bassiner de stéréotypes en tout genre ? Les garçons c’est comme çi, les filles comme ça… ?
J’sais pas trop mais en réaction, nous avons eu de tout : en gros nous sommes inconscientes car au niveau organisation ça change tout de savoir le sexe ; nous nous cherchons encore bêtement ce qui diffère dans l’arrivée d’un bébé qu’il s’agisse d’une fille ou d’un gars : une commode, table à langer, des couches, un lit, une poussette… Savoir le sexe a t-il un impact determinant dans le choix de tous cesbasiques ?

On nous a aussi dit que c’était n’importe quoi vu que c’était déjà compliqué de trouver un prénom : alors quand on sait pas il en faut deux blablablabla. Ca tombe bien : on en a un mixte. Et bim.
Bouche fermée.
Du coup après on a eu le fameux “c’est quoi le prénom”… Bah oui là on sait mais on ne tient pas à le dire non plus histoire de s’éviter des remarques de merdes (déjà que…) (et puis faut dire que c’est aussi mon coté surpersticieuse, oups).

On nous a aussi fait un mini scandale pour les cadeaux : comment on va choisir entre le bleu et le rose ?
C’est à ce moment-là qu’on s’est dit qu’on avait fait un très très bon choix car nous ne sommes pas fan du bleu/garçon et rose/fille… Au même titre que nous ne sommes pas conditionnées par les jouets : si mon fils veut une poupée ou ma fille une voiture téléguidée, je ne vois pas où est le problème. Il deviendra un merveilleux papa et ma fille peut-être une pilote hors pair… qui sait ?
J’vous passe les détails, mais la discussion a fini en “vous allez en faire soit un garçon manqué, soit un efféminé”… Bon pareil, j’comprends pas trop, et d’ailleurs j’ai répondu “Et quand bien même si j’ai une fille masculine ou un garçon efféminé, où est le problème ? Et puis d’ailleurs : c’est quoi la fémininité, c’est quoi la masculinité ? Où est la limite? Concrètement, OU EST LE PROBLEME (si problème il y a) franchement ? J’m’en fous, tant qu’il/elle est bien dans sa tête et heureux/se !
De toute façon, cet échange est vraiment partie en cacahuète et fût un ramassis de clichés : les filles ça joue aux barbies, les p’tits mecs aux voitures, l’inverse n’est pas concevable, c’est une tradition, c’est culturel…. blabla.. et j’en passe. La totale pour m’agacer, et dieu sait qu’avec ces fichues hormones j’ai vraiment énormément de mal à la fermer ! Et effectivement, en 2019, je ne considère pas qu’une femme doit être aux fourneaux, à faire la popote et le ménage pour son cher et tendre, qui arrive “épuisé” du bureau, se pose sur le canapé et attends de se faire servir. A bas le moyen-âge !
De toute façon, dans la configuration de notre couple, tout cela ne s’applique tout simplement pas !
Ca me fait penser que nous avons eu aussi la version plus trash encore : “vous allez en faire un petit PD ou une petite lesbienne”… S’adressant à un couple de nanas, j’ai trouvé ça assez “borderline” et je n’ai pas manqué de le rappeler, surtout l’utilisation du “PD”. Dans tous les cas, contrairement à certains perclus de préjugés, si notre enfant est homo, nous, nous serons l’accepter sans aucune difficulté…

Continuons..
Nous avons aussi eu la personne qui nous engueulait parce que trouver des vêtements mixtes c’était chiant… Ah. J’savais pas que cela demandait autant d’efforts. Jaune, vert, gris, beige, blanc, rouge… Bref. Me semble que dans une société de SURconsommation on a largement l’choix m’enfin bon… Apparement pas pour tout le monde! Ce sont donc mes hormones qui ont parlé “vous n’avez qu’à rien offre, ça sera plus simple“. Fin de l’histoire.

Enfin, et assez régulièrement nous avons le “quel courage !”. Bon. Ce n’est pas violent mais on ne comprends pas en quoi c’est courageux… Comment faisaient-ils avant sans tous nos moyens technologiques ? Ils n’étaient pas plus courageux que nous, juste moins impatients probablement… Et oui, sans doute les âfres de la société de consommation où tu as tout (trop) rapidement :-/

Concernant le courage, finalement quand on voit les reflexions qu’on a prise, il y a peut-être un peu de ça effectivement…

Auteur de l’article : La Blonde

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